lundi 7 juin 2010

La fabrication des maitres

Lu ce matin, cet article de Patrick Mignard.
Je partage totalement son point de vue sur ce qui se prépare à l'horizon 2012.
Et dire que beaucoup d'entre nous ont encore la sensation de choisir et de vivre en démocratie.
Ça me déprime.


A deux ans (2012) d’une échéance électorale, qui n’a en vérité que peu de sens, (supprimez la fonction de Président de la République, vous verrez qu’il ne se passera... rien !), mais qui est présentée au « bon peuple » comme la quintessence de la démocratie, tout ce que le système dispose de moyens d’information, de faiseurs d’opinions, de piétaille politicienne,... se mobile pour conditionner l’opinion publique.
Il faut qu’à l’échéance fatidique les « esprits » soient disponibles pour ingurgiter les discours où on leur promettra — comme d’habitude - des « lendemains qui chantent ».
LE MAITRE ET LE NEANT
J’appelle — ici - néant, tout ce qui est en dehors de la quotidienneté, c’est-à-dire de ce qui fait l’essentiel de la vie de tout un chacun.
Les maîtres, comme la monnaie, se fabriquent ex nihilo, à partir de rien. Ce ne sont que de pur produits bureaucratiques qui n’ont qu’une seule fonction : assurer la pérennité du système.
Exemple : depuis des mois, on nous présente l’actuel Président du Fond Monétaire International, comme le « candidat alternatif » au pouvoir actuel en France, quasiment le futur président de la République. Mais qui « on » ?
Avez-vous entendu parler de lui dans les bureaux, les ateliers, les champs, les marchés,... ? Bref partout où les gens, comme vous et moi, vivent. Non certainement pas. En fait tout le monde s’en fout. Pourtant c’est cette question — comme beaucoup d’autres mineures, inessentielles et à mille lieux de nos préoccupations — qui défraient les chroniques radiophoniques, les chaînes de télé, les magazines « politico-pipeuls ». Un véritable produit préfabriqué nous est imposé par de multiples canaux, interférents avec des questions, elles essentielles, qui sont passées à la trappe.
Cet exemple démontre deux choses :
- cette élection appartient à un cercle restreint qui échappe largement aux citoyens,... elle se conçoit dans des sphères étrangères à la « vraie vie » ;
- le « produit proposé », largement élaboré dans le cadre du système marchand, est totalement étranger aux préoccupations du citoyen Lambda - pur produit de l’alliance politique-finance, il est le vecteur idéal pour le système.
L’intérêt d’une telle méthode c’est qu’elle assure que les choses ne changeront pas. Le « produit proposé » appartient au sérail des décideurs, des nantis, des parasites — milieu qui n’hésite pas à se qualifier abusivement d’ « élite » ( ?) - milieu dans lequel ils/elles sont tous interchangeables.
Tout ce que ce système dégénéré a de parasites, profiteurs, courtisans,... concours à capter notre attention, non pas sur ce qui est essentiel pour notre vie présente et future, mais ce qui est essentiel pour sa propre survie à lui.... Et comme nous sommes, en principe, dans un système dit « démocratique », il faut conditionner celles et ceux qui, croyant exercer un pouvoir, vont légitimer, celle ou celui qui va continuer à les exploiter.... Et ça marche depuis prés de deux siècles.
Reste pourtant à « vendre » le produit.
L’OPERATION MARKETING
Vendre le produit est l’affaire des partis politiques et des médias.
Le conditionnement se poursuit depuis des mois,... il n’est pas près de se terminer.
Certes, cette nomination ne fait pas l’unanimité dans les milieux politico-financiers,... les loups s’entredévorent — les intérêts des clans, le partage du pouvoir - mais le cadre de leurs affrontements est strictement limité par la survie du système et la mise à l’écart de tout risque d’interférence inopportune. Cette lutte de clans, entre partis gestionnaires, ou au sein d’un même parti, donne l’illusion d’un débat de fond, de lignes de fractures irréductibles, ... présenté au « bon peuple » comme un choix de société. Il n’en est évidemment rien. L’Histoire nous a montré que l’alternance des uns et des autres au pouvoir, sur le moyen terme, ne change rien. Mais cette illusion il faut l’entretenir. C’est là qu’interviennent les médias.
Le matraquage, très en amont de l’élection, prépare le terrain. On ne parle que de untel ou untel,... dont on ne sait d’où sort ce choix. L’opinion publique versatile et malléable est manipulée, sondée, orientée, conditionnée, « intéressée », guidée dans son choix limité... Tout est mis en oeuvre pour la séduire : appel aux milieux sportifs, médiatico-pseudo-culturels, journalistiques,... toute une galaxie de courtisans qui gravite autour du pouvoir, s’y alimente et s’y reproduit.
Des noms ?
Le sommet de la manipulation médiatique est le « débat politique ». Véritable spectacle avec une mise en scène particulièrement soignée, une annonce alléchante massivement répétée,... elle interpelle le quidam entre deux matchs de football. La comparaison sportive est d’ailleurs de rigueur pour donner plus de piquant à l’opération. Les « experts », politologues, faiseurs d’opinions et autres charlatans, qui gravitent dans les sphères des partis, du pouvoir, des médias et des salons parisiens viennent dans de multiples émissions causer, disséquer, analyser, prédire.
Les matchs, pardon, les débats sont préparés comme de véritables rencontres sportives. Les champions entraînés par une équipe de spécialistes en communication. Les mots utilisés disséqués, les répliques répétées, les attitudes étudiées, les mots soupesés, les petites phrases finement ciselées, les costumes testés...
Le combat, pardon, le débat, est annoncé comme un combat de gladiateurs. Les paris sont ouverts,...
Le « bon peuple » baigne littéralement dans une sauce savamment préparée dans laquelle on a ajouté des ingrédients conformes à ses goûts, le suspense est total, l’incertitude savamment maintenue.
On rajouté à cela une dose non négligeable de culpabilisation pour faire sauter les derniers doutes - « Songez à celles et ceux qui sont morts pour la démocratie. Amen ! »... et le tour est joué.
AU BOUT, ... LE BIPARTISME
Toute cette comédie, cette manipulation grotesque n’a qu’un seul et unique objectif : légitimiter le pouvoir qui garantira la pérennité du système marchand.
Faire entrer la masse des citoyens dans une logique, une mécanique de légitimation du pouvoir qu’il ne maîtrise pas, telle a été l’objectif du processus dit « démocratique »,... et il est en passe d’aboutir.
Aujourd’hui un candidat se promeut comme une marchandise. Le marketing politique a remplacé le dialogue et la réflexion. Le produit est prêt-digéré et consommable immédiatement.
Le jeu politique est devenu une véritable escroquerie ou le gagnant est toujours le même, le politicien et le perdant toujours le même, le citoyen.
Que ce soit A ou B rien ne changera. Seules les apparences changeront.
Le lendemain des élections, tout est comme avant.
Toute cette manipulation n’a qu’un seul objectif politique : promouvoir le bipartisme qui assure la stabilité du système. Présenté au « bon peuple » comme une stabilité et l’expression même de la sagesse ( ?) il permet de tourner en rond, en donnant l’illusion du changement,... en fait en assurant simplement une alternance au pouvoir en vue de sauvegarder le système marchand. Les « réformes » que font les uns, sont immédiatement assumées par les autres qui leur succèdent.
Ainsi, dans une « grande démocratie » se construit le pouvoir. Les apparences sont sauves et celles et ceux qui dénoncent cette escroquerie sont traités d’anti démocrates ( ?). Jouer ce jeu c’est se rendre complice, c’est consciemment accepter d’être trompé et refuser de le reconnaître au nom d’un civisme de courte vue.
Patrick MIGNARD
URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/La-fabrication-des-maitres.html

lundi 31 mai 2010

Sombre avenir

Un article de Mohamed BELAALI

La France, dans le cadre d’un capitalisme en crise, tend lentement vers un régime que personne ne sait encore comment qualifier. Mais peu importe les adjectifs et les qualificatifs. Tous les signes d’un sombre avenir pour la majorité de la population sont, hélas, bien présents : précarité, chômage, misère, répression, suppression progressive des libertés publiques, propagande etc. Le citoyen est ainsi enserré par un pouvoir omnipotent qui, comme les tentacules d’une pieuvre géante, l’étouffe. Car la richesse doit rester, vaille que vaille, concentrée entre les mains d’une seule et même classe sociale minoritaire mais possédant tous les pouvoirs.
La France, pays riche, compte aujourd’hui des millions de travailleurs pauvres, de précaires, de chômeurs, de sans abris, de sans papiers, bref des millions d’hommes et de femmes broyés par la machine capitaliste. Ces laissés-pour-compte sont de plus en plus nombreux, et la politique d’austérité que le gouvernement prépare en ce moment même, ne fera qu’accroître encore un peu plus leur nombre. La destruction du système de retraite par répartition, basé sur la solidarité entre générations, va entrainer inévitablement l’augmentation du nombre de personnes cumulant vieillesse et pauvreté. Sombre avenir pour une partie de la population de plus en plus importante !

Mais cette misère n’a d’égal que la richesse accumulée par une petite minorité de très riches dont les revenus ont augmenté par exemple entre 2004 et 2007 de 40 % selon l’Insee (1). Malgré la crise, les profits des entreprises du CAC 40 (cotation assistée en continu) ont atteint 49 milliards d’euros en 2009. Grâce à un montage technique et financier sophistiqué, appelé dans leur jargon « optimisation fiscale », ces groupes paient nettement moins d’impôt que les entreprises plus modestes. Le manque à gagner pour l’État s’élève à 8 milliards d’euros (2).

Et comme cette richesse amassée grâce aux revenus du capital et non du travail ne leur suffit pas, l’État leur verse des millions d’euros chaque année au titre du fameux bouclier fiscal (585,5 millions d’ euros rien que pour 2009) sans parler d’innombrables exonérations et autres privilèges fiscaux. Le recours massif à la fraude (3) et aux niches fiscales est une pratique courante et récurrente des nantis. Et on va taire tous les scandales immobiliers à répétition de certains membres du gouvernement (voir entre autres les affaires Gaymard et Estrosi). La richesse est ainsi produite directement par les uns et confisquée indirectement par les autres !

L’État, complice de ce pillage, organise en même temps, à travers ses organismes notamment ceux de la sécurité sociale, une véritable chasse aux « fraudeurs » des prestations sociales, c’est à dire aux travailleurs pauvres, aux précaires et aux chômeurs. Il a même créé à cet effet le Répertoire National Commun de la Protection Sociale (RNCPS). Il est à préciser que le nombre de ces « fraudeurs » et le montant total de la fraude sont dérisoires (4). L’État bienveillant avec les uns, est impitoyable avec les autres !

Pour masquer cette cruelle réalité et éviter toute résistance d’envergure, la bourgeoisie utilise l’État et tout son appareil idéologique et répressif. Les grands médias, tous entre les mains d’industriels, vont jouer un rôle déterminant dans le maintien et la reproduction de cette situation. Ils demeurent l’instrument le plus redoutable et le plus efficace pour anesthésier une population active déjà traumatisée et démobilisée par le chômage. Experts, spécialistes, artistes et autres intellectuels sont eux aussi enrôlés pour répandre la « vérité » de la classe dirigeante. Bref tous les moyens, petits et grands, sont mobilisés pour perpétuer les privilèges et les injustices de l’ordre établi. Plus le système s’empêtre dans ses propres contradictions et s’enfonce dans la crise, plus la propagande devient intense, futile et cynique. Le moindre fait divers, aussi insignifiant soit-il, devient affaire d’État. Le fait divers est érigé en fait politique majeur. Il est élevé au rang des préoccupations et priorités nationales. Président de la république, ministres, parlementaires, préfets et commissaires, chacun dans son domaine, réfléchit comment résoudre par exemple le problème de la femme verbalisée (22 euros) pour port de niqab au volant et de son mari soupçonné par le pouvoir d’avoir plusieurs épouses. Les journalistes, eux, vont se charger d’expliquer, à longueur de journée et de nuit, aux citoyens la gravité de l’affaire pour la nation. Le gouvernement va jusqu’à décréter l’urgence sur... le projet d’interdire totalement la burqa ! Il faut que la loi soit adoptée avant l’été car il y va de la dignité des femmes et de l’intérêt de toute la nation, rien que cela !

L’État français a été également mobilisé dans « l’affaire de la rumeur » concernant la vie privée du couple présidentiel. Là encore, la police, la justice, les services de contre-espionnage, les ministres anciens et nouveaux, les conseillers du président ont déployé un zèle singulier pour remonter aux sources ...de la rumeur ! Et la démesure de cette mobilisation a été étalée lamentablement dans les médias. D’autres faits divers viendront alimenter la chronique dans l’espoir de détourner l’attention de la population des décisions graves qui se trament contre elle comme par exemple la destruction de ce qui reste encore du système de retraite par répartition.

Mais pour que les « réformes » passent, il faut contrôler, surveiller, ficher, réprimer, bref il faut terroriser les citoyens qui refusent de courber l’échine. Il devient, en effet, de plus en plus difficile aujourd’hui de ne pas rencontrer la police dans la rue. Elle est omniprésente voire omnipotente. Chaque manifestation est sévèrement et massivement encadrée par des policiers en tout genre. A côté des CRS en tenue de combat et armés de flash-ball, matraques et gaz lacrymogène, des policiers en civil se mélangent et défilent avec les manifestants. Les membres des brigades départementales de sécurité, souvent masqués, surveillent de loin le déroulement de la manifestation entassés dans leurs véhicules grillagés. La BAC (Brigade Anti-Criminalité), la matraque montrée de manière ostentatoire et provocante, encadre de très près les cortèges tout en filmant les manifestants. La brutalité accompagne souvent les interpellations arbitraires à la fin de la manifestation. La garde à vue dans les commissariats est vécue comme un cauchemar par la plupart de celles et ceux qui en ont fait l’expérience : « Quand les policiers m’ont “invitée” à m’asseoir sur un banc pour y être menottée, le mur contre lequel je devais m’adosser était maculé de sang encore frais. J’ai dû me déshabiller totalement pour la fouille. Puis j’ai été poussée dans une cellule souillée d’excréments. J’étais traitée comme un animal. La volonté d’humilier était évidente » témoignait l’avocate Caroline Wassermann (5). Plus d’un demi-million de citoyens ont connu la garde à vue en 2008, 67 % de plus qu’en 2001 ! (6). Personne n’est à l’abri d’une telle humiliation. Car la garde à vue se généralise et se banalise. Elle est institutionnalisée. Il faut faire peur à la population et la dissuader de toute velléité de résistance. Tout acte d’opposition à la politique du pouvoir, aussi élémentaire soit-il, est brutalement réprimé. Même les lycéens n’échappent pas à cette répression policière. Ces jeunes à qui on a appris que la police était là pour les protéger dans le cadre de l’État de droit, se sont vus gazés, matraqués, brutalisés, jetés à terre et traînés au sol sans ménagement comme de dangereux criminels par cette même police. Ces adolescents ont été parfois arrêtés devant leur lycée, conduits au commissariat et gardés à vue sans pouvoir communiquer avec leurs parents. Après le commissariat, les procureurs prennent la relève au tribunal et profèrent des propos violents et traumatisants pour des gamins qui réclamaient juste un enseignement de qualité et ouvert à tous.

La répression les poursuit à l’intérieur même de l’école. Vidéo-surveillance, portiques de sécurité, policiers etc. vont transformer progressivement l’école en prison. 5 247 « correspondants sécurité-école » sont choisis parmi les policiers et les gendarmes. Mais Sarkozy veut aller plus loin : « Il y a quelques jours j’ai souhaité que dans les 53 établissements identifiés comme les plus difficiles de France, on aille plus loin en proposant l’installation d’un bureau pour le policier ou le gendarme référent au sein même du lycée et du collège »(7). A quand l’installation d’un véritable commissariat à l’intérieur des établissements scolaires ? Quelle est jolie la démocratie bourgeoise qui méprise et brutalise sa jeunesse !

Et comme cela ne suffit pas, il faut mettre le pays sous surveillance et supprimer progressivement les libertés publiques chèrement acquises. Il faut installer des caméras partout, croiser les fichiers informatiques, prélever des empruntes digitales et génétiques y compris sur des enfants, en un mot il faut que le contrôle sur la population soit total. La France n’est pas encore le Royaume-Unis où 4,2 millions de caméras filment en permanence les faits et gestes des citoyens et où la police peut interpeller n’importe qui, n’importe quand sans la moindre justification, presque comme dans 1984 de George Orwell. Cependant, le gouvernement français a la ferme volonté de tripler le nombre des caméras (de 20 000 à 60 000) sur la voie publique, dans les établissements scolaires, dans les transports en commun, bref il faut que l’œil du pouvoir observe et contrôle tout le monde.

Mais surveillance et profit sont deux faces d’une même réalité. Car la vidéo-surveillance c’est aussi un marché fleurissant dont la croissance entre 2003 et 2012 varie selon l’équipement acheté entre 60 et 400 % (8). Pour engraisser davantage encore les entreprises du secteur, Michèle Alliot-Marie a signé un décret le 22 janvier 2009 facilitant l’accès à la vidéo-surveillance aux établissements publics et privés utilisant moins de 8 caméras. La surveillance généralisée a un bel avenir devant elle.

La classe dominante, non contente d’avoir précarisé et paupérisé les travailleurs, exige en plus qu’on les punisse, qu’on les cache. Les pauvres doivent rester invisibles. Car ils sont la preuve vivante de la faillite de son système économique. Les prisons regorgent de pauvres. A l’extérieur de la prison, leur force de travail est devenue inutile, superflue.

Violence, surpopulation, humiliation, souffrance, arbitraire de l’administration pénitentiaire, mesures d’isolement de longue durée, bref des conditions de détention d’un autre âge font de la prison un haut lieu de la déshumanisation des hommes. Il ne faut donc pas s’étonner que la France détienne le triste record du nombre de suicides dans les prisons. Comme le taux de chômage, celui de la détention et du suicide ne cessent d’augmenter. Malgré les condamnations successives des instances européennes, internationales et des associations des droits de l’homme, ces taux continueront, hélas, à augmenter. Car ils sont intimement liés à la politique pénale et carcérale de la classe dirigeante qui utilise le dogme de la « tolérance zéro » pour plaire à une frange de la population et pour évacuer les problèmes économiques (chômage de masse, politique d’austérité etc), et sociaux (sécurité sociale, santé...). La sécurité demeure l’enjeu majeur des campagnes électorales.

Cette politique n’est, toutefois, que l’expression d’un système dont le profit reste l’unique objectif. Là encore, prison et profit vont de pair : la prison c’ est aussi un marché non seulement au niveau des produits liés à la sécurité (bracelets électroniques, caméras...) mais aussi au niveau de la construction et de la gestion des prisons. Les constructions, les rénovations des prisons font le bonheur des entreprises comme Bouygues, Eiffage Construction, Vinci... sur le malheur des détenus. Les entreprises privées s’occupent également de la restauration, de la formation professionnelle, de l’ accueil des familles etc. L’État est réduit à fournir le plus de détenus possible afin d’ alimenter les bénéfices de ces entreprises privées. La prison est une affaire très rentable (9).

Les perspectives électorales sont elles aussi sombres. Elles se réduisent à un « choix » binaire : PS/UMP – UMP/PS ou pire encore UMP/FN. Lorsque l’on regarde de plus près non pas les discours mais les actes, on constate, malgré des nuances voire parfois des différences, que ces deux partis majoritaires (PS/UMP) servent en dernière analyse les intérêts de la classe dominante.

Mais l’histoire nous a appris que la lumière peut aussi jaillir de l’obscurité. Malgré cet asservissement général dû au capitalisme et les malheurs dont il accable les salariés, le système produit de lui-même les conditions de sa propre disparition. Ses crises à répétition montrent à quelle enseigne ce système est inefficace et dangereux pour l’homme et la nature. Aux travailleurs d’unir leur force et de la diriger contre le système lui-même et non contre ses effets. Toutefois cette lutte ne peut aboutir que si les producteurs directs de richesses sont conscients de leur exploitation commune. La prise de conscience et l’unité de tous les travailleurs sont donc une nécessité vitale et un préalable au dépassement du capitalisme.

Mohamed Belaali

(1) Les revenus et le patrimoine des ménages, Insee http://www.insee.fr/fr/themes/docum...
(2) http://www.latribune.fr/depeches/re...

(3) sur les fraudes comptables et financières commises par les entreprises voir http://www.oca-audit.com/offres/fil...

(4) http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...

(5) Témoignage de l’avocate Caroline Wassermann publié dans L’Humanité du 20 novembre 2009. Cité par LDH Toulon http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...

(6) http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...

(7) http://www.elysee.fr/president/les-...

(8) http://www.msi-etudes.fr

(9) http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...

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mardi 18 mai 2010

"Messieurs, remboursez vos prix Nobel de la paix"

Prix Nobel de la Paix : quand Oslo glorifie le mensonge et la guerre


Selon Wikipedia, l’encyclopédie en ligne,

Le prix Nobel de la paix récompense « la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix » selon les volontés, définies par testament, d’Alfred Nobel.
Cela comprend la lutte pour la paix, les droits de l’homme, l’aide humanitaire, la liberté.

Ce prix est doté d’un montant de 10 millions de couronnes suédoises, soit un peu plus d’un million d’euros.

Au moment où le philosophe hindou Jiddu Krishnamurti rédigeait dans l’indifférence générale les premières pages de son Journal, Henry Kissinger recevait le prix Nobel de la paix en 1973 « pour l’accord de paix au Viêt-Nam ».

Al Gore décrocha le prix en 2007 en même temps que le GIEC, le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat, et son président, Rajendra Kumar Pachaudri, « pour leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l’Homme et pour avoir posé les fondements pour les mesures nécessaires à la lutte contre ces changements » (1).

Barack Obama est le dernier lauréat connu, élu en 2009, « pour ses efforts extraordinaires afin de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples » (2).

Dans l’imaginaire du public, le prix Nobel de la paix est censé récompenser des efforts déjà accomplis en faveur de la paix ou de valeurs apparentées (droits de l’Homme, coopération internationale, résolution de conflits, diffusion de connaissances pour le bien de l’Humanité).

Avec Barack Obama, le comité Nobel de la paix de Thorbjørn Jagland a introduit une nouvelle notion, selon eux, celle d’un encouragement, une façon de responsabiliser une personne dotée de moyens et de pouvoirs immenses, pour l’encourager à transformer le monde.

D’une récompense, une reconnaissance pour des efforts accomplis, le prix Nobel de la paix servirait également à encourager de tels efforts, sorte de chèque en blanc.

Beaucoup de gens sont tombés dans le panneau de cette propagande.

Beaucoup de gens ne réalisent pas toute l’importance symbolique d’inverser à ce point nos valeurs, en attribuant à des meurtriers, des guerriers et des imposteurs, un blanc-seing, un prix de la paix doté de plus d’un million d’euros, à une époque où des gens pour lesquels ce prix devrait exister vivent avec moins d’un euro par jour.

Henry Kissinger

Le livre de Christopher Hitchens, « Les crimes de monsieur Kissinger », dévoile le vrai visage de l’ancien chef de la diplomatie américaine, pourtant auréolé du prix Nobel de la paix en 1973.

« Henry Kissinger doit-il être déféré devant le Tribunal international (TPI) de La Haye pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité, et pour conspiration impliquant le meurtre, l’enlèvement et la torture ? Oui, répond clairement l’écrivain, journaliste et essayiste anglais, Christopher Hitchens, à travers une enquête serrée, fondée sur des documents secrets, et récemment déclassifiés par les autorités américaines. On apprend comment le Prix Nobel de la paix de 1973 a cyniquement organisé les bombardements de populations civiles au Laos et au Cambodge, comment il a fait assassiner le général chilien Schneider pour tenter de barrer la route à Allende, comment il a installé le général Pinochet, comment il a soutenu secrètement la tentative d’assassinat de Mgr Makarios à Chypre, comment il a ruiné l’expérience d’un régime démocratique au Bangladesh. En fait, ce livre montre, d’une manière exceptionnelle et précise, comment un pouvoir démocratique comme celui des États-Unis peut organiser des crimes à l’échelle mondiale, et révèle également les vraies motivations d’Henry Kissinger : cynisme, argent, pouvoir... »
Au delà de sa politique qui a fait entre autres des milliers de morts au Vietnam, au Laos et au Cambodge, il y a la vénalité et l’impudence d’un homme milliardaire en dollars. C’est une des révélations, sans doute la plus stupéfiante, du livre de C. Hitchens. On découvre en effet qu’aujourd’hui, à travers sa société "Kissinger Associates", Henry Kissinger vend des armes en Lybie, occupe des dizaines de fauteuils dans des conseils d’administrations basés sur les cinq continents et conseille des régimes connus pour leur corruption. » (Eurasie.net) (3)

Cette histoire nous révèle qu’il y a le monde visible, celui auquel les grands médias écrits et télévisuels nous font croire comme étant la réalité : Henry Kissinger méritant le prix Nobel de la paix, d’ailleurs refusé par son homologue vietnamien, Lê Đức Thọ (4).

Et le monde tel qu’il est, Henry Kissinger méritant en réalité d’être déféré devant le TPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Pour rappel, en 2004, Henry Kissinger avait été pressenti par George W Bush pour diriger la commission d’enquête officielle sur le 11 septembre 2001. Cet homme sévit toujours.

Al Gore

Al Gore, prix Nobel de la paix 2007, est un menteur et un imposteur.

Beaucoup de personnes l’ont découvert à l’occasion de son film de science-fiction, écologiste et alarmiste, La Vérité qui dérange (An Inconvenient Truth).

Certains le connaissaient comme le Vice Président de Bill Clinton, et le perdant malheureux des élections étatsuniennes de 2000, face à un autre imposteur, George W Bush (5).

35 erreurs officielles ont été relevées dans son film La Vérité Qui Dérange transformant ce documentaire encensé, montré en exemple dans les écoles, en film de fiction au scénario déplorable (6).

La fiction, contre la réalité, une fois de plus.

Un professeur et la justice britannique ont obtenu que dans les écoles anglaises où le film d’Al Gore était diffusé, soient mis en évidence auprès des enseignants et des élèves, son partisanisme, son caractère endoctrinant, et, plus grave encore, ses plus grandes erreurs : 11 mensonges ("inaccuracies") sont ainsi portés à l’attention des enfants et des professeurs (7).

Al Gore s’est enrichi dans le secteur pétrolier (Occidental Petroleum) (8).

L’hormone de croissance bovine transgénique (rBGH) de Monsanto fut imposée à l’agriculture US en 1993 par la FDA, agence fédérale du médicament. Les OGMs furent imposés de force au peuple des Etats-Unis, sans étiquetage, à la fin de l’année 1992 par la FDA. Mr Al Gore n’a pas remis en question cet état de fait et il fallut l’action en justice d’un juriste pour que la FDA “libère”, en 1999, sur demande expresse du tribunal, plus de 40 000 pages de dossiers archivés confidentiels prouvant que les techniciens et scientifiques de la FDA avaient émis d’innombrables réserves quant à la sécurité sanitaire des OGMs. Le responsable de ce dossier, le célèbre Michael Taylor, les avait bien soigneusement rangés à l’ombre. En 1998, le quartet Clinton – Al Gore – Dan Glickman (ministre de l’agriculture) – William Daley (ministre du commerce) lança une campagne forcenée pour obliger l’Europe à accepter les chimères génétiques.

Margaret Miller, Michael R. Taylor, Mickey Kantor sont des exemples, sous Clinton-Gore, de ce qu’on appelle aux Etats-Unis des revolving doors, des portes tournantes, des personnes qui font des allers et retours entre des organismes publics (FDA, Agence de protection de l’environnement EPA, Secrétariat au Commerce) et des multinationales privées justement censées être contrôlées par ces organismes publics. (Source : OGM, semences de destruction, par William Engdahl, Ed. Jean-Cyrille Godefroy, 2008, pp. 27-33).

Aujourd’hui, Michael R. Taylor, autrefois juriste au service de Monsanto, est redevenu un responsable haut placé de la FDA, sous Barack Obama.

C’est le conflit d’intérêt à l’état brut, qui gangrène toutes les couches de notre société et dont l’existence, le danger, la toxicité, restent largement sous-estimés par les populations, malgré les nombreux documents qui l’attestent.

Sur le site http://www.corpwatch.org/article.ph..., le journaliste Bill Mesler, de Washington, nous dresse un tableau plus complet, et moins radieux, de la personne d’Al Gore, que celui propagé par l’image de son film et de son récent engouement pour l’environnement. Beaucoup de sites écologiques sont tombés dans le piège du bonimenteur Gore. Ces sites devraient lire Bill Mesler.

Erreurs, mensonges délibérés, alarmisme et démagogie (9).

Voilà ce que récompense le comité suédois en octroyant le prix Nobel de la paix à ce « héros » de la duplicité.

Barack Obama

Le sénateur de l’Illinois, devenu président de la plus grande superpuissance mondiale en janvier 2009, prix Nobel de la paix en décembre 2009, s’est dit surpris de cette nomination.

Il en a néanmoins profité, lors de la cérémonie de reprise du prix, pour justifier, glorifier même, la politique guerrière, impérialiste et agressive de son gouvernement et promettre que ce n’était que le début (10).

L’encouragement du mythe du fatalisme d’une humanité imparfaite et bestiale, congénitalement violente, situation désespérée et sans issue, ne pouvait être plus grand en récompensant d’un tel prix un homme tenant ce genre de discours, homme que des millions d’êtres humains ont pourtant investi, au lendemain de son élection, d’un espoir démesuré de changement.

Cela encourage, fige l’idée que l’humain ne peut changer, évoluer, condamné en quelque sorte à ne suivre que ses plus bas instincts.

A Oslo, Barack Obama s’est employé à justifier la guerre, à lui trouver des raisons nobles, des excuses universelles, une légitimité évidente, à en faire rougir Georges W Bush et Dick Cheney.

Pour Mr Obama, l’être humain a toujours été violent et le sera toujours. Il ne comprend que la dissuasion, n’obéit qu’au plus fort.

C’est un peu la fin, l’aboutissement d’un processus de légalisation de la guerre et de la torture dont l’obtention du prix Nobel représente en quelque sorte le point culminant. Quelle ironie que celui censé incarner justement l’espoir et le changement, soit en réalité, avec la complicité du comité Nobel, le fossoyeur de toute évolution potentielle, spirituelle, pour l’humanité.

Pour moi et beaucoup d’autres, cette étape conclut les multiples soubresauts nauséeux de la présidence Bush et transforme ceux-ci en un vomissement devenu impossible à réprimer.

Après les multiples discours hypnotiques du président noir, par sa nobelisation, la rhétorique guerrière voilée de bonnes intentions et de promesses perpétuelles est consacrée, et finit de convaincre les gens désinformés qu’on peut faire à la fois le bien et la guerre.

En arriver là valait bien la dépense des deux milliards de dollars pour son élection (11). Le puissant lobby militaro-industriel peut se frotter les mains, ils ont bien investi. Car c’est bien d’une transformation profonde de la société par une inversion de ses principales valeurs, les plus nobles, les plus humaines, qu’il s’agit.

Barack Obama, et son administration, se sont dits surpris d’un tel honneur (12) mais était-ce encore un mensonge, un de plus ?

Il est intéressant de se pencher sur l’article publié sur le site Voltaire, évoquant les dessous de la nomination Nobel et exposant les liens unissant le président du comité d’attribution, Thorbjørn Jagland, aux collaborateurs d’Obama : Corruption, Le dessous du prix Nobel de la paix 2009 (13).

Vice-président de l’Internationale socialiste, Thorbjørn Jagland est un fervent partisan de l’OTAN et de l’entrée de la Norvège dans l’Union européenne. Il fréquente les élites mondialistes et a participé aux travaux du Council on Foreign Relations, de la Commission trilatérale et du Groupe de Bilderberg. Son bilan politique a été entaché par plusieurs scandales de corruption touchant ses proches, notamment son ami et ministre du Plan Terje Rød Larsen (l’actuel coordinateur de l’ONU pour les négociations au Proche-Orient).
Ce milieu est trouble (liens, connexions, financements, pratiques maffieuses), cette réalité dérangeante est inconnue des gens car non rendue publique, ni dans la grande presse écrite, ni dans les médias télévisuels.

Une série d’articles de journalistes et de chroniqueurs mondiaux, en majorité consultable sur internet, le dernier média encore libre, fait pourtant largement état de cette corruption au sein de gouvernements qui disent incarner le Bien dans la géopolitique mondiale (Axe du Bien), de cette corruption au sein des plus grandes institutions, et des ONG qui servent d’autant de paravents et de chevaux de Troie aux lobbys de la guerre et de la désolation *.

Conclusions.

Kissinger, Gore, Obama.

Criminel (14), menteur (15), guerrier au service de lobbys militaristes et belliqueux (16), prêt à mener une guerre nucléaire préventive (17).

Messieurs, remboursez vos prix Nobel de la paix.

Vous ne le méritez pas, aucun de vous trois, et déshonorez ce prix que d’autres ont vraiment mérité.

C’est à La Haye que vous auriez dû atterrir.

Ou bien, Institut Nobel, supprimez cette célébration qui a perdu sa vocation primaire, récompenser « la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ».

Il ne s’agit bien sûr pas des seuls trois millions d’euros, avec intérêts, bien que ce serait une solide première pierre aux 30 milliards de dollars annuels qui seraient nécessaires à l’éradication de la faim dans le monde (à comparer aux 1200 milliards de dollars en armements mondiaux en 2006, aux 100 milliards de dollars d’aliments gaspillés dans un seul pays bien portant d’Occident, aux 372 milliards de dollars de subventions agricoles dans les pays occidentaux, aux 100 millions de tonnes de céréales transformées en éthanol en 2006, aux 32,6 milliards de dollars versés en 2008 à leurs traders méritants, sous forme de primes bonus par neuf établissements de Wall Street qui, dans le même temps, avaient perçu 175 milliards d’aides publiques, etc) (18).

Comme l’écrivain britannique Orwell le démontre avec brio dans son livre 1984, comme les experts en propagande, Hitler et Goebbels, le savaient bien, le monde, la société humaine, sont avant tout contrôlés par des mots et par le sens commun donné à nos plus hautes valeurs.

La manipulation du langage et des valeurs est la première et la plus efficace des étapes de domination et de perversion de l’homme.

Dénaturer des mots nobles, et les valeurs qu’ils transmettent, en les associant à des menteurs, des guerriers et des imposteurs : tel est l’enjeu.

Faire du meurtrier, du manipulateur, de l’escroc, du corrompu, un héros, une figure emblématique récompensée, un modèle, est la première étape décisive dans le blanchiment d’une dictature et le travestissement de tyrans en exemples.

La perversion de toute la société suit inévitablement.

Pascal SACRE

Référence :
Lire à ce sujet les édifiants livres, très documentés, de Jean Bricmont, Impérialisme Humanitaire, et de Maxime Vivas, La face cachée de Reporters sans Frontières, tous deux aux éditions aden.

Sources :

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_N...

(2) http://nobelprize.org/nobel_prizes/...

(3) Les crimes de monsieur Kissinger, Christopher Hitchens, Ed Saint-Simon, http://www.bibliomonde.com/livre/cr...

(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A...

(5) Hacking Democracy, la démocratie piratée, http://www.reopen911.info/11-septem...

(6) 35 Inconvenient truths, (en anglais) http://scienceandpublicpolicy.org/m...

(7) Court finds truth inconvenient for Gore (en anglais) : http://planetgore.nationalreview.co...

(8) Albert Gore Jr. : Occidental and Oriental Connections (en anglais) : http://www.opinionjournal.com/extra...

(9) Al Gore l’imposteur, http://www.internationalnews.fr/art...

(10) La doctrine Obama : « Dans une humanité imparfaite, la guerre perpétuelle est de mise » http://www.mondialisation.ca/index....

(11) La victoire d’Obama : une élection présidentielle à 2 milliards de dollars, http://www.politique.net/2008110502...

(12) « Ce matin, en écoutant les nouvelles, ma fille est entrée et m’a dit : “Papa, tu es Prix Nobel de la paix” ». Telle est la touchante histoire que le président des États-Unis a racontée à des journalistes complaisants pour attester qu’il n’avait jamais souhaité cette distinction et en était le premier surpris. Sans chercher plus loin, ceux-ci ont immédiatement titré leurs journaux sur « l’humilité » de l’homme le plus puissant du monde. (« Déclaration de Barack Obama à l’annonce du prix Nobel de la paix 2009 », Réseau Voltaire, 9 octobre 2009.)

(13) http://www.voltairenet.org/article1...

(14) Op.cit., Les crimes de monsieur Kissinger

(15) Op.cit., Al Gore l’imposteur

(16) Les deux visages de Barack Obama, par Bill Van Auken, 16 février 2008 http://www.wsws.org/francais/News/2...

(17) Les Etats-Unis, tandis qu’ils s’engagent à ne pas employer d’armes nucléaires contre les Etats qui ne les possèdent pas et se conforment au Tnp, laissent entendre qu’ils se réservent le droit du first strike (première frappe) pour empêcher qu’un pays comme l’Iran puisse les construire. http://www.mondialisation.ca/index....

(18) Mr Jacques Diouf, Directeur de la FAO, lors de son discours d’introduction au Sommet Mondial de l’Alimentation de novembre 1996, déclara : « Ce budget [celui de la FAO] est pourtant inférieur au coût de 6 jours de nourriture pour chiens et chats dans 9 pays développés et représente moins de 5% des dépenses annuelles en produits amaigrissants effectuées par les habitants d’un seul pays développé, pour combattre l’excès de nourriture ». http://www.enoch.over-blog.com/arti...

samedi 24 avril 2010

Pourquoi je paye ?

Il n’y a rien à faire, je ne comprends toujours pas. Et même de moins en moins. La bourse, le chômage, le nucléaire iranien, le réchauffement climatique, le racisme, le pouvoir, tout cela est pour moi fatalement lié au système qui les provoque, car à chaque fois que je tente de m’expliquer le mystère d’un phénomène, ma réflexion me conduit inévitablement vers cette seule explication, qui me semble convenir à la logique.

Je ne suis pourtant pas le seul à entrevoir les choses ainsi ! Et pourtant, malgré l’augmentation de la contestation face à cette situation, rien ne semble devoir changer un jour. Bien sûr quelques nouveaux partis vont se créer, quelques grandes manifestations vont se produire, quelques personnalités vont surgir pour la postérité, et peut-être même quelques mesures seront-elles prises, mais en définitive rien qui puisse enrayer la marche des évènements. Tous continueront, seuls ou en groupes, à colporter leur bonne parole à qui veut bien les écouter. Tous s’investiront dans une quête au conformisme ambiant, de mauvaise grâce au début, mais en pliant à force de compromis, voire de compromissions. Car se faire élire c’est accepter les règles. Manifester, c’est suivre les règles. Se mettre en avant, c’est oublier les règles. Modifier les règles, c’est quand même jouer au même jeu.

La majorité des êtres humains, qu’ils soient dans l’élite sociale ou non, et moi comme les autres, sont tellement conditionnés par le système qu’il a fini par atteindre jusqu’à notre conscience collective. Ce système qui nous fait croire que rien ne peut changer, que tout a toujours été comme ça, et doit l’être pour toujours. Cette grande machine (le capitalisme donc) que l’homme a construit au fil des âges semble avoir rompu ses liens, et personne n’a l’air de vouloir l’arrêter… mais ceci est une illusion. Ceux qui tiennent les rênes du système sont des démiurges qui ont usurpé notre place en nous faisant croire que nous n’avions ni la force ni le savoir pour le faire. Il suffirait pourtant de se réveiller pour que cesse cette illusion.

Pour arriver jusqu’à ce constat, il n’est nul besoin d’aller très loin, mais juste de se poser cette question simple : “pour quoi je paye ?”

c’est alors en tentant d’y répondre qu’on reste stupéfait, comme tente de le démontrer cette petite liste, bien entendu non exhaustive… :

Je paye des taxes sur les produits que j’achète, qui retournent à l’Etat, ainsi que la marge bénéficiaire du commerçant, et de tous les intermédiaires. Je paye des impôts pour la construction et l’entretien des routes, l’acheminement de l’eau ou de l’électricité… malgré le fait que je paye également les péages, mon eau et mon électricité.

Je paye la taxe d’habitation, la taxe foncière si j’ai la chance d’être propriétaire, la redevance…qui servent à financer les chantiers privés, la construction des écoles où l’on conditionne, ou que sais-je encore.

Je paye des taxes sur mes salaires pour la retraite que je ne pourrai pas prendre car je serai mort avant, pour des chômeurs qui ont de moins en moins de droits, pour un service public qui licencie à tour de bras, pour une police qui renvoie les étrangers chez eux ou accompagne le gouvernement qui se protège de son propre peuple.

Je paye une assurance qui se débrouille toujours pour n’assurer que ce qui ne vous arrive jamais, mais jamais ce qui vous arrive.

Je paye aussi pour réparer les erreurs des banques, celles qui nous obligent à travailler plus et plus longtemps.

Je paye un passeport biométrique qui servira à me tracer, des diagnostics “bâtiment” m’obligeant à faire des travaux, une carte bancaire m’autorisant à payer des agios…

Je paye pour tout et tout le temps, et aussi pour rester pauvre et ignorant. Je paye pour rester dans la partie, pour ne pas que je réfléchisse à autre chose que « comment faire pour payer ? »

Et je paye enfin pour enrichir les riches, pour le train de vie de l’Etat, pour la politique qu’il mène, la construction des centres de rétention, des armes, des voitures qui polluent, pour l’exploitation intensive des ressources, cultiver des OGMs, fabriquer des nanoparticules, arnaquer les pauvres, pour avoir l’air riche, ou important, instruit ou beau…

En réalité, on comprend pourquoi l’argent est si puissant lorsqu’on s’imagine sans lui. Car c’est un gouffre pour l’imagination ! Cela tétanise : que ferions-nous sans lui ? comment nous entendre, nous parler, échanger, créer, construire ? Voilà le point central de toute cette illusion, la clef de voûte de cette vaste supercherie qui veut nous faire accepter l’état de ce monde comme inéluctable. Car l’indépendance est le pire ennemi du pouvoir : sans l’esclave le maître n’est rien. Et l’argent rend dépendant. A partir du moment où le pouvoir et l’argent se sont liés, la dépendance est devenue totale.

C’est qu’il est très difficile aujourd’hui de s’imaginer un monde fonctionnant sans argent. Il est actuellement impossible à quelqu’un de prétendre vouloir vivre sans argent, à moins que de se vouloir misérable : celui qui compterait vivre correctement sans argent ne le peut pas. L’argent est comme une drogue qui nous aurait rendus accros, en ce sens que nous ne sommes plus capables d’envisager la vie autrement qu’avec lui. Le pouvoir, en quelque sorte, nous en a rendu dépendant, comme avec le crédit, et le renouvelable… le fournisseur est le pouvoir financier, le dealer le pouvoir, les drogués le peuple. Par cette dépendance le pouvoir a pris un ascendant psychologique (il possède l’éducation, la télé, la pub, la presse….) et nous entraîne vers l’acceptation de notre faiblesse vis à vis de leur force.

Mais sans argent, l’illusion prend fin. Plus besoin d’esclaves s’il n’y a plus besoin de maîtres… si nous ne payons plus, nous supprimons d’un seul coup tout le poids de notre propre aliénation, et nous nous retrouvons alors face à nous-même, à nos propres responsabilités. C’est d’ailleurs sans doute cela qui nous fait le plus peur : comme l’esclave libéré d’une trop longue emprise sur son corps et son esprit, l’homme libéré de l’argent est comme saisi d’un vertige. Il ne sait plus ni où aller, ni comment. Il lui faut réfléchir d’une autre manière, ne plus attendre des ordres, prendre des initiatives, en définitive reprendre en main sa destinée.

Mais qu’on le veuille ou non, c’est une question à laquelle l’homme est confronté, et à laquelle il va falloir qu’il réponde tôt ou tard : pour quoi, et pourquoi payer ? voulons-nous continuer à payer le prix de notre dépendance, ou nous libérer de celle-ci ? préférons-nous la servitude passive ou la liberté active ?

Si la deuxième proposition vous tente plus que la première, il serait grand temps de se mettre au travail. Ne pas avoir peur de la liberté, et laisser tomber les vieilles rengaines économiques, qui ne sont qu’une manière détournée d’accepter cet esclavage, sans en avoir l’air.

Et quand nous aurons tous bien compris pour quoi on paye, nous pourrons alors cesser de payer.

Caleb Irri
http://www.calebirri.unblog.fr

mercredi 21 avril 2010

Il remet ça

Lu sur le blog de Patrick Lagacé aujourd'hui.
Un vrai poème ce mec.
Complètement abruti.
L'avant dernière ligne est est régal.



Avions et principe de précaution

(Photo AP – Cauchemar de boss de compagnies aériennes)
Il y a une levée de boucliers dans l’industrie aérienne pour dénoncer les autorités européennes qui ont cloué les avions au sol, depuis que le volcan Eyjafjallablagoufloflöfolyakablagoufloy s’est fâché, dans le sud de l’Islande. Il semble que les compagnies aériennes perdent autant de fric que la fumée crachée par le cratère du volcan Eyjafloflöfolyakablagoufloyfjallablagou. On parle de prudence excessive. On pourfend le principe de précaution.

Ce qui est toujours facile à faire quand tout va bien. Facile de dire que les États ont été trop prudents quand des milliers d’avions n’ont pas volé dans le putain de nuage. Le Monde résume le dilemme à merveille :

Ce fut le cas il y a quelques mois lors de la pandémie de grippe A(H1N1), hier encore après la tempête Xynthia sur les côtes françaises, aujourd’hui à propos du nuage volcanique. A chaque fois, les pouvoirs publics se trouvent placés devant deux injonctions contradictoires. D’un côté, ils sont sommés par les citoyens eux-mêmes de leur assurer une protection maximale, absolue même, contre les risques (naturels, climatiques, sanitaires, etc.) qui peuvent les menacer. De l’autre, ils sont immédiatement accusés de verser dans l’excès de précaution et d’entraver la liberté de chacun, s’il apparaît que le risque n’était pas aussi grave que redouté.

T’es ministre des Transports ou officiel d’une agence de sécurité aérienne. Tu n’appliques pas le principe de précaution dans le cas du nuage du volcan, disons. Tu laisses les cieux ouverts. Tu laisses les compagnies aériennes décider. Et là, les moteurs d’un avion de ligne au-dessus de l’Atlantique se mettent à tousser, puis cessent de fonctionner. L’Airbus se plante quelque part entre l’Islande et le Groënland, 300 morts. Qui va être blâmé pour ne PAS avoir fermé les cieux ? Eh oui, les ministres des transports et les agences de sécurité aérienne…

Bref, dans des cas comme ceux-ci – grippe A, fumée du Eyjafjallablagoufloflöfolyakablagoufloy, etc, etc –, cette masse de décideurs qu’on appelle « les autorités » est baisée des deux bords. Tu laisses faire et il y a une catastrophe : on te blâme. Tu laisses pas faire et tu causes un joyeux bordel : on te blâme.

Ah, un F16 belge a toussé en passant dans le nuage, semble-t-il. Son pilote est probablement une moumoune.

Ah, The Big Picture, au Boston Globe, a encore des photos hallucinantes du volcan.

lundi 19 avril 2010

Nuage

Un volcan qui se réveille.
Des fumées.
Des avions qui ne volent plus.
Des gens bloqués dans des aéroports.
Mermet qui à 15 heures parle d'une foule de gens perdus, leur carte Gold qui marche plus.
Il compare ces gens à ceux de Sangatte.


France Inter journal du soir.
Toujours ce nuage.
Les avions qui décollent pas. blabli bla bla.

La voix de l'OMS.
Tiens l'OMS. Y avait longtemps.
l'OMS qui dit que ce nuage, il peut être un peu toxique.
Faut être prudent hein.
C'est son boulot à l'OMS, d'inciter à la prudence.

Oh ben oui on a bien vu, avec le H1N1.

Quand les terres agricoles du monde entier sont gorgées de pesticides, quand des paysans crèvent d'être obligés de racheter des semences à Mosanto, quand nos vaches paissent de l'herbe empoisonnée pour donner du lait que boivent nos enfants. Quand la viande qui atterrit chaque jour dans nos supermarchés est bourrée d'antibiotiques et d'un tas de saloperies dont on ne sait pas si à terme ça va pas tous nous tuer plus lentement mais plus sûrement qu'une guerre bien visible entend-on la voix de l'OMS parler de prudence ou de précaution?

J'ai pas de mots là.
Enfin si.
Mais bon.